La Juge de la Cour suprême souligne la réticence à écarter les arbitres malgré des lacunes structurelles du système ADR

Publié 2026-04-11 3 min de lecture 1 source

En bref

  • La juge BV Nagarathna relève l'hésitation des juridictions à écarter les arbitres - dont beaucoup sont d'anciens juges.
  • L'Inde ne dispose pas d'un forum dédié aux plaintes visant les arbitres ; les questions sont généralement portées uniquement devant les tribunaux.
  • Appel à des standards plus élevés, des garanties institutionnelles et des approches ADR intégrées.
  • Les coûts croissants de règlement des différends et l'évolution des tendances transfrontalières ont également été abordés lors de la conférence de l'ICA.

Vue d’ensemble

Lors d'une conférence récente de l'Indian Council of Arbitration (ICA), la juge de la Cour suprême BV Nagarathna a souligné la réticence du pouvoir judiciaire à écarter des arbitres accusés de mauvaise conduite, en particulier au regard du fait que beaucoup d'arbitres sont d'anciens juges. Elle a évoqué les faiblesses systémiques du cadre de l'arbitrage en Inde et a mis l'accent sur la nécessité de normes rigoureuses et d'une responsabilisation accrue. La conférence a également comporté des commentaires sur la hausse des coûts du règlement des différends et sur l'évolution de la nature de l'ADR à l'échelle mondiale.

Ce qui s’est passé

La juge BV Nagarathna, prenant la parole à la 5e Conférence internationale de l'ICA, a indiqué que les tribunaux en Inde se montrent souvent réticents à écarter des arbitres - même lorsque des allégations de mauvaise conduite surviennent - en raison du fait que beaucoup d'arbitres ont auparavant exercé comme juges ou juges en chef.

Elle a identifié l'absence d'un forum dédié pour examiner les plaintes visant les arbitres comme une lacune structurelle du cadre d'arbitrage du pays. À ce jour, les parties ne peuvent saisir que les tribunaux pour ce type de griefs.

Nagarathna a plaidé en faveur du maintien de standards élevés en matière d'arbitrage et de médiation, en précisant que les procédures d'ADR doivent faire preuve de la même rigueur et de la même discipline que celles observées dans les procédures judiciaires. Elle a également souligné la nécessité de garanties institutionnelles afin d'assurer la responsabilisation et la confiance du public.

D'autres intervenants lors de l'événement ont abordé des défis tels que la hausse des coûts du règlement des différends et la nécessité d'approches intégrées - combinant arbitrage, médiation et négociation - en particulier pour les différends transfrontaliers.

Contexte

L'Inde a entrepris des efforts législatifs et de politique publique pour promouvoir des mécanismes alternatifs de règlement des différends, l'arbitrage jouant un rôle clé dans la désencombration des tribunaux et dans l'accélération du règlement des litiges.

Toutefois, des préoccupations persistent quant au risque de partialité, à la responsabilisation des arbitres, ainsi qu'à l'efficacité et au coût des processus d'ADR, en particulier dans un contexte de plus en plus complexe et mondialisé.

Pourquoi c’est important

  • La réticence des juridictions à écarter les arbitres en présence d'allégations de mauvaise conduite pourrait affecter la confiance du public dans les processus d'ADR.
  • L'absence de forum indépendant de dépôt et d'examen des plaintes en cas de mauvaise conduite des arbitres met en évidence une lacune en matière de responsabilisation dans le cadre actuel.
  • Les appels à des standards rigoureux et à des réformes institutionnelles s'inscrivent dans des efforts en cours visant à renforcer le régime indien de l'arbitrage et à en accroître l'attractivité pour le règlement des différends commerciaux.

Sources

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