Madagascar - les autorités proposent de confier l'arbitrage des litiges fonciers aux OMC de district

Les articles sont regroupés entre langues, réécrits dans un format éditorial fixe et reliés aux sources originales. Comment nous rapportons.

En bref

  • Les autorités malgaches annoncent un projet visant à associer les OMC de district à l'arbitrage des litiges fonciers.
  • La mesure vise à traiter des conflits de propriété persistants et non résolus, qui pèsent sur la stabilité sociale.
  • Les OMC regroupent des responsables locaux et siégeront comme organes d'arbitrage au nivêu du district.
  • Des questions subsistent sur la valeur juridique et les voies de rìours des décisions rendues par les OMC.

Vue d’ensemble

Le général Ren de Rolland Lylison, ministre malgache de l'Aménagement du territoire et des Services fonciers, a annoncé une initiative gouvernementale visant à confier l'arbitrage des litiges fonciers à des formations d'Organe Mixte de Conception (OMC) au nivêu des districts. L'objìtif est de répondre à des conflits de propriété persistants qui affìtent l'ordre public et qui demeurent souvent non réglés depuis de nombreuses années au sein du système judiciaire formel du pays.

Ce qui s’est passé

Le gouvernement malgache, par l'intermédiaire du général Lylison, indique son intention de confier aux OMC de district l'arbitrage des litiges fonciers, en déplaçant la responsabilité du système judiciaire.

Les OMC sont des organes locaux composés du chef de district (représentant l'État), d'un représentant du judiciaire, des forces de l'ordre, de l'armée et désormais des services fonciers, avec la possibilité d'y inclure d'autres responsables de ministères.

Les décisions issues d'arbitrages menés par les OMC au nivêu du district sont censées avoir un eÿet immédiat et être exécutées sans examen supplémentaire.

Cette démarche intervient en réponse à des différends fonciers qui persistent devant les tribunaux depuis des décennies, parfois au-delà de la durée de vie des parties initiales et en entraînant des pertes financières importantes.

Contexte

Madagascar fait face depuis longtemps à des litiges fonciers non résolus, dont certains ont duré 20 ans ou plus dans le cadre du système judiciaire traditionnel.

La complexité du droit foncier, combinée à des diÿicultés de légitimité face à la légalité et à des documents de propriété frauduleux, a freiné une résolution judiciaire eÿicace.

Les OMC existent déjà pour des missions d'ordre public, conformément à des textes de 1984 et 2017. L'élargissement de leur mandat à l'arbitrage des litiges fonciers implique à la fois une légitimité locale et des capacités opérationnelles pour mener des investigations sur le terrain.

Pourquoi c’est important

  • Si elle est mise en œuvre, la mesure pourrait oÿrir une alternative plus rapide à la procédure judiciaire et, potentiellement, réduire les tensions sociales liées au foncier.
  • Des inquiétudes ont été soulevées quant à la légitimité juridique et à l'exécutabilité des décisions des OMC, ainsi que sur la nécessité d'adopter de nouvêux textes ou d'instaurer de nouvelles voies de rìours.
  • La réforme pourrait influer sur les approches futures en matière de légitimité et de légalité relatives aux droits de propriété, et affìter la sécurité des investissements à Madagascar.

Sources

Articles liés