La cour d'appel de Naples juge l'obligation d'informer le client sur la médiation et l'annulation du contrat
Les articles sont regroupés entre langues, réécrits dans un format éditorial fixe et reliés aux sources originales.
En bref
- La cour d'appel de Naples a jugé que le défaut, par un avocat, de fournir par écrit au client les informations sur la médiation rend le contrat susceptible d'annulation.
- Cette obligation s'applique à toute médiation, y compris dans les affaires où elle est facultative.
- L'avocat peut toutefois demander une rémunération au titre de l'enrichissement sans cause si le contrat est annulé.
- La décision précise les droits procéduraux prévus par le droit italien.
Vue d’ensemble
Le 11 août 2026, la cour d'appel de Naples a jugé que l'absence, par un avocat, de fournir au client des informations écrites sur les options de médiation, conformément au droit italien, rend le contrat de services juridiques susceptible d'annulation. La décision précise également, dans ce type de situation, que l'avocat peut solliciter le paiement selon des principes d'enrichissement sans cause.
Ce qui s’est passé
Un avocat a demandé le paiement de prestations juridiques effectuées pour d'anciens clients devant la cour d'appel de Naples. Les clients ont sollicité l'annulation du contrat de services professionnels au motif que l'avocat n'avait pas fourni par écrit des informations sur l'option de médiation, comme l'exige l'article 4 du décret législatif n° 28/2010.
La juridiction a examiné la défense de l'avocat, en relevant qu'il n'a pas démontré qu'il avait fourni l'information écrite requise sur la médiation. Les juges ont précisé que l'obligation s'applique à tous les types de médiation, et pas seulement à celles qui sont obligatoires pour l'admissibilité de l'affaire.
En l'absence de fourniture des informations écrites sur la médiation, la cour a déclaré le contrat de services juridiques susceptible d'annulation, indépendamment du point de savoir si l'omission a eu une incidence sur le déroulement du litige.
S'agissant de la demande subsidiaire de l'avocat fondée sur l'enrichissement sans cause, la cour a estimé qu'il ne s'agissait pas d'une nouvelle action en justice mais d'une modification liée à l'affaire. Le contrat ayant été jugé nul dès l'origine, des demandes pour enrichissement sans cause pouvaient être poursuivies conformément aux doctrines du droit italien.
Contexte
En droit italien, plus précisément l'article 4 du décret législatif n° 28/2010, impose aux avocats d'informer par écrit les clients de la possibilité de recourir à la médiation et des bénéfices fiscaux de celle-ci, lors de l'acceptation d'une affaire. Cette exigence est renforcée par la réforme Cartabia.
La décision confirme une position existante de la jurisprudence italienne quant à la gravité du devoir d'information sur la médiation et à son importance même dans les scénarios de médiation facultative. Elle précise également les voies de rémunération lorsque les contrats professionnels deviennent susceptibles d'annulation en raison de manquements techniques.
Pourquoi c’est important
- Cette décision met en évidence l'importance, pour les avocats, de respecter les obligations prévues par la loi concernant les informations sur la médiation.
- Les praticiens s'exposent à perdre des demandes de paiement fondées sur le contrat s'ils ne notifient pas aux clients, par écrit, les options de médiation.
- La décision précise que le recours à des demandes pour enrichissement sans cause peut encore être envisageable, ouvrant une voie vers une indemnisation limitée.
Sources
-
Mancata informativa sulla mediazione: il contratto con l'avvocato è annullabile
news.avvocatoandreani.it
