Le CIRDI impose la confidentialité dans l'arbitrage Credit Suisse AT1 contre la Suisse
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En bref
- Le tribunal CIRDI ordonne que la plupart des éléments de l'arbitrage Credit Suisse AT1 restent confidentiels.
- Seule une sentence expurgée sera publiée après examen par les parties.
- Les demandes portant sur des documents du gouvernement suisse restent non tranchées et confidentielles.
- La Suisse sollicite une sûreté au titre des frais; les détails ne sont pas publics.
Vue d’ensemble
Le tribunal du CIRDI dans l'affaire Hiroshi Osumi c. Confédération suisse (ARB/26/1) a rendu une ordonnance procédurale précisant un régime de confidentialité sur le dossier dans l'arbitrage des porteurs d'obligations Credit Suisse AT1.
L'ordonnance impose que la plupart des audiences, des éléments de preuve et des écritures, y compris les documents du gouvernement suisse demandés, ne soient pas divulgués au public, seule une sentence expurgée devant être publiée.
La Suisse se défend de l'effacement de 16,5 milliards de CHF de créances de porteurs d'obligations AT1, tandis que les demandeurs cherchaient la production de plus de 500 documents cités dans une enquête parlementaire suisse.
Ce qui s’est passé
Le 10 juillet 2026, le tribunal du CIRDI dans l'affaire Hiroshi Osumi c. Confédération suisse (ARB/26/1) a rendu l'ordonnance procédurale n° 2, établissant une confidentialité stricte sur le dossier de l'arbitrage.
Cette ordonnance procédurale impose que les audiences, les éléments de preuve et la plupart des écritures des parties demeurent confidentiels; seule une version expurgée de la sentence finale doit être publiée.
Osumi, agissant au nom de porteurs d'obligations japonais, avait demandé la production de 592 documents suisses cités dans l'enquête parlementaire suisse de 2024 sur l'effondrement de Credit Suisse. Le tribunal a refusé d'ordonner une divulgation immédiate, tout en laissant la possibilité ouverte à un stade ultérieur.
L'ordonnance est intervenue alors que la Suisse demandait une sûreté au titre des frais de justice et des dispositions relatives à des avances sur les coûts de l'arbitrage, et que les détails de ces demandes étaient eux aussi tenus confidentiels en vertu des termes de l'ordonnance.
Contexte
L'affaire fait suite à la radiation en 2023 par FINMA des obligations Credit Suisse Additional Tier 1 (AT1), mesure qui a effacé pour 16,5 milliards de CHF de créances d'investisseurs privés au moment de l'effondrement de la banque.
Les demandeurs allèguent que la Suisse a manqué à ses obligations internationales dans la gestion de la dépréciation de l'instrument AT1.
Une divulgation restreinte de documents clés a également été rencontrée dans des procédures parallèles en Suisse et aux États-Unis.
Pourquoi c’est important
- L'ordonnance du tribunal encadre la capacité du public à examiner la conduite des autorités dans l'effacement des obligations AT1 de 16,5 milliards de CHF.
- La majeure partie des preuves et des étapes procédurales clés de l'arbitrage CIRDI restera inaccessible, à l'exception d'une sentence expurgée.
- Ce régime pourrait avoir une incidence sur le contrôle de la manière dont les autorités suisses ont géré l'effondrement de Credit Suisse et ses suites pour les investisseurs.
