La 9e Cour d'appel américaine maintient la décision confirmant la sentence arbitrale de 562,5 millions de dollars de Devas contre Antrix

Les articles sont regroupés entre langues, réécrits dans un format éditorial fixe et reliés aux sources originales.

En bref

  • La 9e Cour d'appel américaine a maintenu la confirmation de la sentence ICC de 562,5 millions de dollars de Devas contre Antrix.
  • La juridiction existait, selon la cour, au titre de l'exception d'arbitrage prévue par la FSIA.
  • Le forum non conveniens ne s'applique pas au stade de l'exécution d'une sentence au titre de la Convention de New York.
  • L'inscription du jugement au nom d'actionnaires mauriciens a été infirmée faute de qualité pour agir.

Vue d’ensemble

La Cour d'appel des États-Unis pour le neuvième circuit a confirmé l'exécution d'une sentence arbitrale de 562,5 millions de dollars accordée à Devas Multimedia contre Antrix Corporation, la branche commerciale de l'ISRO en Inde, à la suite d'une procédure d'arbitrage ICC. La décision a traité des questions au titre de l'International Foreign Sovereign Immunities Act (FSIA) et a précisé certains aspects de la procédure d'exécution fondée sur la Convention de New York.

Ce qui s’est passé

Le litige trouve sa source dans un accord de 2005 aux termes duquel Antrix s'était engagée à fournir des services par satellite et le spectre en bande S à Devas, engagement qu'elle a ensuite résilié en 2011. Devas a engagé un arbitrage ICC, qui a abouti en 2015 à une sentence de 562,5 millions de dollars pour 'wrongful repudiation'.

Devas a demandé la confirmation de la sentence devant un tribunal fédéral américain en 2018. Le tribunal a confirmé la sentence, mais Antrix a interjeté appel devant la 9e Cour d'appel.

Initialement, la 9e Cour d'appel avait statué en faveur d'Antrix sur le terrain de la juridiction. La Cour suprême des États-Unis a toutefois infirmé cette analyse, en précisant que la FSIA n'exige pas de 'minimum contacts' supplémentaires.

Saisie à nouveau, la 9e Cour d'appel a jugé que l'exception d'arbitrage de la FSIA conférait aux juridictions américaines la compétence matérielle, et a rejeté l'argument selon lequel un lien commercial avec les États-Unis était requis. La cour a également décidé que le forum non conveniens ne s'applique pas aux procédures de confirmation au titre de la Convention de New York, et a confirmé l'inscription du jugement au nom de Devas Multimedia America tout en l'infirmant pour trois actionnaires mauriciens.

Contexte

L'arbitrage portait sur la décision de l'Inde de ne pas donner à Devas accès au spectre de bande S pour un usage commercial, ce qui a conduit à la rupture de l'accord entre Devas et Antrix. L'affaire a donné lieu à des procédures parallèles et à des contestations de la sentence dans plusieurs juridictions, et la valeur de la sentence prononcée aux États-Unis est désormais estimée par le conseil de Devas à plus de 2 milliards de dollars, intérêts compris.

Pourquoi c’est important

  • La décision précise la portée de la compétence des juridictions américaines pour l'exécution de sentences arbitrales étrangères contre des entités appartenant à un État dans le cadre de la FSIA.
  • Elle confirme que le forum non conveniens ne peut pas être invoqué pour refuser l'ouverture d'une procédure d'exécution fondée sur la Convention de New York aux États-Unis.
  • La décision influe sur la possibilité de saisir/mettre sous main de justice des actifs situés aux États-Unis appartenant à des sociétés étrangères détenues par des États et apporte des précisions procédurales pour des affaires similaires d'exécution de sentences.

Sources

Articles liés