L'Espagne demande à la CIADI un réexamen de sa compétence dans l'arbitrage de la mine d'uranium Berkeley (1,25 milliard de dollars)
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En bref
- L'Espagne a demandé au tribunal du CIADI d'examiner sa compétence avant de poursuivre le différend de 1,25 milliard de dollars avec Berkeley.
- Le litige porte sur le blocage par l'Espagne du projet de mine d'uranium de Retortillo par Berkeley Energia.
- Berkeley réclame une indemnisation au titre du Traité sur la Charte de l'énergie après le refus des autorisations du projet.
- Le tribunal a été constitué en mars 2025 et les deux parties ont déposé des écritures initiales.
Vue d’ensemble
Le gouvernement espagnol a contesté formellement la compétence du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIADI) dans un arbitrage de 1,25 milliard de dollars engagé par Berkeley Energia au sujet du projet de mine d'uranium de Retortillo stoppé. Le gouvernement demande une phase préliminaire sur la compétence, susceptible de retarder de plusieurs mois les audiences sur le fond pendant que le tribunal examine son pouvoir de connaître de la demande.
Ce qui s’est passé
En février, Berkeley Energia a déposé sa demande complète devant le CIADI, détaillant les dommages allégués liés au blocage par l'Espagne du projet d'uranium. Le gouvernement espagnol, par l'intermédiaire de son avocat de l'État, a répondu en demandant au tribunal du CIADI de dissocier et de résoudre d'abord la question de sa compétence avant d'examiner le fond de la demande de 1,25 milliard de dollars.
Berkeley prépare sa réplique à cette démarche procédurale, avec des conseils expérimentés des deux côtés. Le tribunal du CIADI composé de trois membres, présidé par Sabina Sacco avec Klaus Reichert et Zachary Douglas en tant qu'arbitres, a été constitué en mars 2025.
L'arbitrage découle de la décision de l'Espagne en 2021 de refuser les permis de construire pour la mine de Retortillo, après un rapport négatif du Conseil de la sûreté nucléaire, et de l'adoption de nouvelles dispositions législatives sur le climat limitant l'exploitation de l'uranium. Berkeley soutient qu'elle avait acquis des droits antérieurs à la législation et allègue des agissements arbitraires de la part des autorités espagnoles.
En parallèle au différend soumis au CIADI, les juridictions espagnoles ont annulé des permis urbains essentiels pour le projet en décembre 2023. Berkeley avait notifié l'Espagne du différend au titre du Traité sur la Charte de l'énergie à la fin de 2022; après l'échec de discussions de règlement, elle a enregistré l'arbitrage en mai 2024. Le montant de la demande a ensuite été porté à 1,25 milliard de dollars.
Contexte
Le projet de mine d'uranium de Retortillo de Berkeley a été stoppé dans un contexte de préoccupations environnementales et réglementaires, avec l'opposition à la fois des autorités espagnoles et de la société civile. Le différend s'est internationalisé après l'épuisement des recours internes, conduisant au dépôt d'une demande au titre du Traité sur la Charte de l'énergie auprès du CIADI.
D'autres arbitrages de grande ampleur ont été engagés contre l'Espagne sur la base du Traité sur la Charte de l'énergie pour des questions d'énergie et de réglementation. Berkeley affirme qu'elle reste ouverte à un règlement négocié avec les autorités espagnoles, malgré l'actuel recentrage du contentieux judiciaire.
L'arbitrage s'inscrit dans une série d'affaires où des changements réglementaires et l'évolution des politiques énergétiques sont contestés devant des instances d'investissement.
Pourquoi c’est important
- Cette demande procédurale pourrait retarder des audiences sur le fond dans l'un des plus importants arbitrages actuellement pendants contre l'Espagne.
- La décision relative à la compétence du CIADI déterminera le calendrier de résolution du différend et clarifiera la compétence du CIADI dans des affaires touchées par des changements réglementaires nationaux et par l'évolution des politiques énergétiques.
